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Ouvrir des tiers-lieux en milieu rural, chiche !
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(Source : www.lagazettedescommunes.com | 18.04.19)

Crédit photo : JR

Les tiers-lieux ont toute leur place en milieu rural, même si la densité de ces territoires rend leur équilibre plus complexe à trouver. Porteurs de projets privés et communes ou intercos peuvent être à l’initiative de ces démarches, même si les collectivités doivent aussi savoir faire un pas de côté. La collectivité doit consulter les habitants, voire leur passer la main, pour faire émerger les activités à développer, qui peuvent être très diverses d’un territoire à l’autre.

 

 

Un rythme de cinq créateurs de projet accueillis chaque année, vingt-cinq entreprises lancées en lien avec la Cocotte numérique depuis son ouverture à Murat en 2008. Le tiers-lieu de Hautes Terres communauté, dans le Cantal, coche toutes les cases du succès, notamment au regard des objectifs d’attractivité du territoire. « Nous nous engageons cette année dans la construction de deux structures supplémentaires, l’une, à la maison des services d’Allanche, l’autre, dans l’hôtel des services et du tourisme de Massiac », se félicite Ghislaine Pradel, présidente de la communauté de communes (CC, 35 communes, 11 600 hab.). Au-delà de ce modèle souvent perçu comme exemplaire, la réussite des tiers-lieux – des espaces réunissant diverses activités telles que coworking, fablab, librairie partagée, médiation numérique, circuits courts, etc. – reste globalement précaire en milieu rural.

 

Convaincues de leur impact, plusieurs collectivités rurales se sont engagées dans l’expérience. La CC du Pilat rhodanien (14 communes, 16 700 hab., Loire) a aménagé, en 2014, un espace partagé dans sa maison des services. Il comporte neuf postes de travail, dont deux bureaux individuels, une salle de réunion de 40 mètres carrés avec du matériel de visioconférence et accueille 24 heures sur 24 quelques télétravailleurs réguliers, ainsi que des micro-entrepreneurs et des indépendants. « Ce sont surtout les ateliers boîte à outils du jeudi matin, dispensés par des experts et des coworkers, qui sont plébiscités. Ils permettent les échanges d’expérience, créent une émulation et contribuent à développer l’activité de chacun », observe Nelly Bernard, chargée de mission « emploi et économie » à l’interco.

Les usagers au centre

La communauté des usagers est effectivement au cœur du tiers-lieu. Or, à être trop volontaristes, certaines collectivités risquent d’entraver ce bouillonnement d’idées, d’échanges et de partage. Née en 2010, la Coopérative des tiers-lieux fédère des structures et intervient pour la région Nouvelle-Aquitaine (qui s’est fixé l’ambitieux objectif de 300 espaces partagés sur son territoire d’ici à 2020) comme un tiers de confiance accompagnant les porteurs de projets (privés) de tiers-lieux. « Lorsque nous avons commencé, certains élus locaux pouvaient se révéler assez interventionnistes, car se prévalant de disposer d’un bâtiment ou de pouvoir mobiliser des fonds. Mais ce type d’attitude n’aboutit généralement qu’à des coquilles vides. Notre rôle est de créer un noyau dur d’habitants qui puissent porter le lieu », souligne Marie-Laure Cuvelier, cogérante de La Coopérative des tiers-lieux.

Répondre aux besoins de mobilité

Selon les territoires, les espaces accueillent donc des activités différentes. A Crest (8 400 hab., Drôme), c’est une société coopérative d’intérêt collectif (regroupant des entreprises, des particuliers, des associations et des collectivités territoriales) qui gère le 8 Fablab. Il comporte un laboratoire de fabrication numérique autour de dix-huit machines à commande numérique (dont une imprimante 3D à céramique qui attire les artisans céramistes locaux) et un espace de coworking.

La Cocotte numérique de Murat s’articule également autour d’un fablab (où viennent fabriquer et réparer les particuliers comme les entrepreneurs) et d’un coworking. Quand à la CC du pays de l’Arbresle (17 communes, 37 000 hab., Rhône) située dans la grande banlieue lyonnaise, elle doit ouvrir cet été un espace de coworking destiné aux salariés de grandes entreprises travaillant sur son territoire pour répondre à des besoins de mobilité.

Modèle économique

En milieu rural plus qu’ailleurs encore, la mixité des activités reste la clé pour faire vivre le tiers-lieu et conforter son modèle économique, de fait fragile. Alors que le 8 Fablab visait à limiter ses financements publics à 20% de son budget, atteignant même les 15%, cet équilibre précaire s’est rompu lorsque le conseil départemental a dû supprimer ses subventions en raison de la loi « NOTRe». « Nous avons été en grande difficulté en 2018 et repêchés par des financements de la région pour deux ans. Mais il nous faut désormais revoir notre modèle pour parvenir à l’autonomie financière fin 2020. Cela va nous obliger à être plus créatif, avec le risque peut-être de mettre de côté des activités moins rentables, mais pourtant importantes sur le territoire », regrette Carole Thourigny, la dirigeante de 8 Fablab.

La formation pourrait constituer une source de financement. « Mais la réforme de la formation professionnelle, qui privilégie des formations longues, déjà existantes, exclut de fait les fablab de la course, qui répondent aux besoins des petites entreprises locales en proposant des horaires souples et des formations comme l’impression 3D, et qui n’entrent donc pas dans les cadres », regrette Carole Thourigny, dirigeante du 8 Fablab. Le 8 Fablab explore de nouvelles pistes. Par exemple, le prototypage en interne de bornes d’information pour une communauté de communes, la fabrication de panneaux de signalétique ou l’accompagnement du conseil départemental sur des activités liées au tourisme.

Au tiers-lieu Cogite de la CC du Pilat rhodanien, on est aussi conscient de la fragilité du modèle économique. « Nous ne pouvons pas nous situer dans une logique de rentabilité car le tiers-lieu est également là pour accompagner les entrepreneurs locaux. En revanche, les coûts restent assez modestes, environ 13 500 euros par an de fonctionnement : le tiers-lieu occupe une partie de la maison de services, avec des coûts mutualisés puisque ma collègue médiatrice numérique et moi consacrons 20 % à 25 % de notre temps à gérer l’espace de coworking », remarque Nelly Bernard. A Hautes Terres communauté, 70 % des 100 000 euros sont financés dans le cadre d’un appel à projets « entrepreneuriat en territoires fragiles » de la région Auvergne – Rhône-Alpes.

FOCUS

« Les collectivités territoriales doivent être de simples facilitateurs »

Marie-Laure Cuvelier, cogérante de La Coopérative des tiers-lieux

« Nous demandons aux collectivités territoriales de faire un pas de côté, d’être de simples facilitateurs. Par exemple, en mettant à disposition un local pour que les gens intéressés s’y rencontrent et fassent fructifier le projet, ou encore en imprimant et distribuant des affichettes pour communiquer sur le projet. Car c’est l’envie de faire ensemble qui est importante et les tiers lieux ont une vie plus longue que celle d’un mandat électoral. Nous insistons par exemple sur le fait que c’est à la communauté des membres de faire émerger le type d’activités proposées. En milieu rural plus qu’ailleurs, les tiers-lieux doivent miser sur une grande hybridation de leurs activités pour trouver leur modèle économique. »

FOCUS

Du codesign pour connaître les attentes des habitants

Marie Henneron, responsable du service « Troisième Révolution industrielle » (Rev3)

Touchée par un chômage de plus de 30% et une grande précarité énergétique et des problèmes de mobilité, Fourmies mise depuis quatre ans sur la Troisième Révolution industrielle pour faire rebondir son territoire. D’où l’idée d’un tiers-lieu permettant aux habitants et entreprises de se former aux nouvelles technologies. « Deux séances de codesign en 2016 ont permis de connaître les attentes des habitants », signale Marie Henneron, responsable du service Rev3 dans la commune. Un fablab a été ouvert en janvier 2017 comportant une imprimante 3D, une machine à coudre numérique, des espaces de réunion… Après une première année de gestion par un prestataire, la commune a repris la main, confiant l’animation à deux personnes formées dans le tiers-lieu. « Des utilisateurs animent également gratuitement des ateliers à destination des habitants », indique la responsable.

 
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