ecoter

Mission pour l'Economie Numérique, la Conduite et l'Organisation des Territoires

Accès membres
Accueil
RENCONTRE AVEC FRANCOIS DECOSTER

(Source : Forum des Territoires de la Mission Ecoter | 17.03.19)

Crédit photo : CAPSO

IMG_1918.JPG

Rencontre avec François DECOSTER

Maire de Saint-Omer (Pas-de-Calais), président de la CAPSO, vice-président de la région Hauts-de-France

« La culture est un axe majeur du développement de notre territoire »

Mission Ecoter : La Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer est un territoire d’innovation territoriale. Comment s’est déroulée la fusion des quatre intercommunalités composant cette nouvelle collectivité ? Et depuis cette fusion, comment ça marche ?

François Decoster : Ce qui s’est passé, le 1er janvier 2017, ce n’est pas, à mes yeux, la fusion de quatre intercommunalités qui existaient déjà. C’est plutôt la naissance d’une nouvelle intercommunalité forte des 53 communes qui la composent et qui ont, chacune, décidé souverainement de former ensemble la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer.

Et cette approche change tout. Cela nous a permis de mettre à profit l’année 2016 pour nous préparer tous ensemble, en conviant tous les conseillers municipaux (ils sont plus de 900) à participer à des ateliers thématiques. De ce travail en commun, de cette intelligence collective, est né le projet de territoire qui reste notre feuille de route et notre boussole. Ce document de référence est le socle de notre action au quotidien et de nos grands projets, celui sur lequel tout repose. Cette démarche assez unique d’anticipation de la rédaction du projet de territoire est due au travail de nos prédécesseurs également : ces quatre intercommunalités ont historiquement travaillé ensemble et leur travail a porté de très beaux fruits. Je veux aussi évoquer l’agence d’urbanisme et de développement (AUD) Pays de Saint-Omer – Flandre intérieure, notre ingénierie. L’AUD nous a accompagnés dans toute la démarche de construction de notre communauté d’agglomération. Mais ce n’est pas tout. Ces quatre intercommunalités avaient aussi contribué à créer le Syndicat mixte Lys Audomarois qui gérait à la fois le SCOT et les déchetteries installées sur notre territoire. Dernier exemple du travail accompli avant notre fusion : Saint-Omer développement, notre agence de développement économique qui, associée à nos voisins Flamands, s’appelle désormais SOFIE (Saint-Omer Flandre Interface d’Entreprises). Alors oui, cette fusion, ou plutôt cette naissance, était naturelle. Et nous nous sommes donnés trois ans, c’est-à-dire un demi-mandat en vérité pour que notre agglomération soit en ordre de marche. 2017 a été l’année de la création, 2018, l’année de la structuration et 2019 sera l’année de la consolidation. Cela s’est traduit par un nombre considérable de décisions puisqu’en 2017, les 98 conseillers communautaires ont approuvé plus de 600 délibérations, puis 485 en 2018. Et en réalité, nous sommes très satisfaits de la fusion : nous avons poursuivi la gestion des services du quotidien, en optimisant par exemple la collecte de déchets ménagers ; nous avons continué à mener nos grands projets, comme la réouverture de la Chapelle des Jésuites en lieu de diffusion culturelle ou la métamorphose de la gare d’agglomération en La Station, un tiers-lieu d’innovation. Et nous avons su, dans le même temps, accueillir de grands événements comme les championnats de France de cyclisme professionnels qui ont beaucoup œuvré pour notre visibilité et notre attractivité, au niveau régional et même national.

M-E. : François Decoster, vous êtes également vice-président de la région Hauts-de-France en charge de la culture. Vous êtes donc sensible à ce sujet. Quels sont les impacts de la politique culturelle menée par votre collectivité sur l'économie et le développement du territoire ?

F-D. : La culture est un axe majeur du développement de notre territoire d’abord car nous disposons d’une histoire riche. Les villes d’Aire-sur-la-Lys et de Saint-Omer sont dotées d’un riche patrimoine architectural, les 51 autres communes ne sont pas en reste ! Depuis mon élection à la mairie de Saint-Omer et à la présidence de l’agglomération en 2014, nous avons massivement investi dans la réhabilitation de ce patrimoine. Nous avons eu le bonheur de rouvrir en 2018, le théâtre à l’italienne, fermé au public depuis 46 ans. Nous avons terminé la restauration de la Chapelle des Jésuites.DJI_0014copie.JPG Cette chapelle monumentale est l’un des vestiges du collège des jésuites wallons. Restaurée, la chapelle est devenue un lieu atypique de diffusion culturelle au cœur de la ville et de l’agglomération. Enfin, en 2016, nous avons racheté à la SNCF, la gare d’agglomération fermée au public depuis 2011 à cause de risques de chutes de pierres. Nous la métamorphosons actuellement en La Station, un tiers-lieu qui ouvrira ses portes le 15 novembre 2019. Voilà pour les bâtiments. C’est important, mais l’essentiel c’est comment on les fait vivre. La Chapelle des Jésuites nous a permis de tisser des réseaux avec les États-Unis ! En effet, les Carroll (deux frères et un cousin) ont étudié au collège des Jésuites à Saint-Omer. Adultes, ils ont joué un rôle majeur dans l’histoire américaine. Le premier a signé l’acte d’indépendance des Etats-Unis, le deuxième était le seul catholique signataire de la Constitution et le troisième, premier évêque des Etats-Unis a fondé l’université de Georgetown. En marge de la réouverture de la Chapelle des Jésuites, la Fondation Saint-Omer Valeurs Transatlantiques a été créée pour perpétuer les liens qui unissent notre territoire et les Etats-Unis. Autre partenariat prestigieux : celui noué avec le théâtre du Globe à Londres en marge de la redécouverte du First Folio des œuvres de Shakespeare à la bibliothèque d’agglomération. Cette redécouverte a entraîné une visibilité médiatique incroyable puisque même CNN a parlé de Saint-Omer ! Mais l’axe majeur de notre politique culturelle c’est l’action vers les publics. Nous avons créé un Conservatoire d’agglomération à rayonnement départemental qui regroupe 2769 élèves (le plus grand au nord de Paris) dans quatre disciplines : musique, danse, théâtre et arts plastiques. Nous avons aussi fusionné les deux centres culturels, l’un municipal l’autre d’agglomération, pour créer un établissement public de coopération culturelle (EPCC), le bras armé de l’action culturelle territoriale. Enfin, nous vivrons, en juillet, la cinquième édition du « Saint-Omer Jaaz Festival », jeu de mots entre jazz et l’Aa, notre fleuve côtier. Comme depuis le début, les 27 concerts seront gratuits. Là encore, nous restons fidèles à notre ligne de conduite : proposer l’excellence à tous. Le tout est donc un élément essentiel de notre attractivité, notamment touristique (nous accueillons près d’un million de touristes par an). Cette vie culturelle riche est aussi essentielle pour attirer des entreprises et de nouveaux habitants.

M-E. : La Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer a engagé très tôt une stratégie territoriale du numérique. Matérialisation de cette ambition territoriale, La Station est une nouvelle étape de la démarche en plaçant le numérique au cœur de votre action, pouvez-vous nous décrire ce projet ?

F-D. : La Station, c’est la transformation d’une contrainte - la fermeture de la gare par la SNCF en 2011- en opportunité, avec son rachat par l’agglomération en 2016 pour la transformer en tiers-lieu. C’est ensuite le lieu-totem d’une stratégie numérique, initiée par un débat public en 2013, qui aboutit à l’aménagement numérique du territoire. Ainsi, la fibre optique et le haut-débit se déploient ici plus rapidement qu’ailleurs en région. Cet IMG_1833.JPGaménagement numérique passe aussi par la modernisation des services communautaires -notamment dans le cadre de la fusion des intercommunalités - et par la création de services en ligne avec la plateforme numérique du Pays de Saint-Omer (paysdesaintomer.com). Enfin, cet aménagement nous permet d’amener tout ce que fera La Station demain : réseaux de tiers-lieux numériques sur les différents pôles territoriaux de l’agglomération (fablab, coworking pour les nouveaux usages…) et transformation digitale des entreprises (nouvelles méthodes de travail, incubateur d’entreprises, écosystème d’innovation). La Station, enfin, est la première pierre d’un nouveau quartier, qui se constituera autour de la gare, dans un périmètre labellisé ANRU, sur un secteur aujourd’hui propriété de la SNCF et sur une friche industrielle rachetée par l’agglomération. C’est donc tout le quartier alentour qui vivra un véritable renouveau urbain, par le biais de la réhabilitation exemplaire d’une gare-cathédrale, classée monument historique.

M-E. : Le premier Sommet international de l’innovation en villes médianes s’est déroulé à Nevers du 8 au 10 novembre dernier. La Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer y était représentée. Comment vous inscrivez-vous dans cette démarche ?

F-D. : Le Pays de Saint-Omer est un exemple de ces territoires médians, bien ciblés par le gouvernement comme des territoires fragiles mais surtout riches d’opportunités. Le fait d’être retenu à la fois au programme Action cœur de ville et au programme Territoires d’industrie est assez symbolique de cette dynamique que nous mettons en place en transformant autant nos centres villes que notre tissu économique, avec les partenaires, qu’il soit commerçant, industriel, … Et pour faire tout cela, indispensable d’innover : c’est tout le sens de La Station et de son écosystème d’innovation. Innover, c’est essayer de répondre différemment aux questions posées à tous les territoires, parfois depuis de nombreuses années. Innover dans les territoires médians, c’est donc réfléchir d’abord à une réponse collective, en associant les habitants, en associant les forces vives, en associant les élus ruraux et urbains, en associant les partenaires financiers et les collectivités. C’est ensuite répondre par une action déterminée, conjointe,IMG_4450.JPG cohérente : une démarche d’attractivité touche autant le développement économique que la culture, La Station que l’Office de tourisme, et donc des professionnels et des secteurs qui ne se parlent pas forcément : une plateforme unique comme paysdesaintomer.com n’est possible que par le dialogue et le rassemblement. De la même manière, le champ de l’action sociale, pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville ou l’accompagnement des bénéficiaires du RSA, nécessite une action résolue et partenariale, et donc innovante, a fortiori dans le contexte de raréfaction des ressources publiques. Enfin, innover, c’est remettre l’usager au cœur de nos politiques publiques : sur la mobilité, nous travaillons avec une start-up qui a développé un outil de billettique légère, qui nous a permis de faciliter l’usager des transports urbains de l’agglomération ; mais nous travaillons aussi avec la Région Hauts-de-France et la SNCF pour qu’au guichet mobilité de La Station dans la gare réhabilitée, l’agent vende à la fois les billets de TER et les titres de transport en bus du territoire. Une innovation technologique, une innovation de service, le tout pour un parcours simplifié pour l’usager.

*Le 1er janvier 2017, la CAPSO comptait 55 communes, mais, innovation territoriale forte également, deux groupes de deux communes ont fusionné pour créer deux communes nouvelles.

 
Agenda
  Juillet  
LuMaMeJeVeSaDi
 
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031

La Mission Ecoter, Association loi 1901, regroupe, depuis 1997, collectivités territoriales et entreprises actrices dans le secteur des collectivités (Numérique, Santé, Education, Environnement, Transports, Finances locales...) pour :

  • Accompagner les collectivités dans leurs transformations.
  • Echanger sur les usages et les services numériques aux citoyens
  • Mettre en place une veille adaptée et efficace aux projets de transformations des collectivités.
  • Peser sur les décisions politiques et administratives pour les territoires.
  • Diffuser les informations les plus fiables dans un secteur innovant.
  • Former les élus, les cadres territoriaux et les acteurs d'entreprises à l'économie numérique, aux finances, aux ressources humaines.

Diapositive1.jpeg

Mission Ecoter
13, avenue d'Aygu
26200 Montélimar
Tél.: 04 75 51 70 85
mission.ecoter@ecoter.org
Siège social
Olivier Julienne
Secrétaire général
Antenne Ile-de-France
Alain Melka
Directeur Général des Services
Tél. : 06 33 75 13 60
Antenne Rhône-Alpes
Natalie Herrouin
Directrice Administrative
Tél.: 04 75 51 70 85
Antenne Hauts-de-France
Quentin Meullemiestre
Directeur du Développement
Tél. : 06 04 08 38 16
Association loi 1901 créée en 1999
Organisme de formation agréé par le Ministère de l'Intérieur et pour la formation professionnelle
Déclaration d’activité n° 82260179326
Réalisation : Les Émotionneurs | Mentions légales | Protection des données | Liens utiles